Vous avez dit gratuit ?

Publié le par extramarche

 

LA GRATUITÉ

 

 

 

La gratuité c'est le don.

Les éléments naturels sont le premier don, l'humanité en bénéficie depuis la nuit des temps. C'est la vie qui est gratuite, la nature, le temps, les sentiments, les pensées, les rêves, etc.

Son opposé est le paiement donc l'argent, chose étrangère à la nature (est-ce contre-nature ?) qui préfère, elle, utiliser la contre-partie.

Cette contre-partie crée une symbiose, un service mutuel.

C'est le fameux cycle naturel sans quoi rien sur terre n'existerait ;

l'herbe est donnée à la vache, la vache par ses déjections nourrit l'herbe, etc.

Les exemples peuvent être infinis.

L'humain a nommé, formalisé ce fonctionnement par l'appellation "troc", ou "échange".

 

Où avons-nous mis ces valeurs ?

Ne dépendons-nous pas les uns des autres ?

 

En matière d'échanges, originellement, quatre possibilités semblent s'offrir à nous ;

Prendre à l'autre (le vol) et recevoir de l'autre (le don).

Parmi ces deux choix, vous conviendrez que la deuxième alternative paraît plus soutenable, provoque certainement moins de conflits, et surtout est des plus agréables.

Oui mais elle n'est valable que si l'autre est dans la démarche du don, si il n'est pas dans un esprit de simple profit personnel, mais plutôt dans un esprit collectif.

Les deux derniers procédés sont le troc et la mutualisation.

Ils permettent d'avoir des échanges équitables, ou chacun des protagonistes donne et reçoit.

Ainsi ont été définis les modes d'échanges depuis une éternité via l'esprit communautaire (familles, tribus, villages, communautés, etc.)

Les rapports qui découlent de ce mode d'échange sont basés uniquement sur les valeurs humaines des personnes.

Ce n'est certainement pas un hasard si les religions préconisent ces modes d'échanges. L'argent y est mal vu. Que ce soit dans le Christianisme, l'Islam, le Judaïsme ou encore

le Bouddhisme, le don de soi, l'altruisme, la fraternité, l'égalité sont préconisés.

N'oublions pas non plus que nos valeurs républicaines sont aussi basées sur la liberté,

l'égalité et la fraternité.

Ce n'est pas rien, même si elles sont oubliées de la plupart de nos gouvernements politiques, et encore plus des gouvernements commerciaux (Organisation Mondiale du Commerce, Banque mondiale, Fond Monétaire International etc.).

 

Notre société "moderne" a transformé ce triptyque (don, troc et mutualisation) avec un autre mode d'échange, il ne s'agit plus seulement de prendre ou de recevoir, mais de vendre et d'acheter. La relation qui s'instaure n'a évidemment plus le même fondement, et du coup, le moyen d'achat qu'est l'argent devient la valeur principale.

La valeur relationnelle humaine, elle, n'a plus la même fonction.

D'une base, elle devient un simple outil.

Tout est donc permit moralement pour vendre, matraquage publicitaire, marchandisage (merchandising) et autres manipulations qui peuvent, trop souvent passer outre même le respect !!

Heureusement quand même que quelques rares commerçants échappent à la règle, même si leurs fournisseurs.

 

 

 

 

Le plus remarquable, c'est que le fleuron de notre société, j'ai nommé l'informatique, redonne ses titres de noblesses au don et à la gratuité grâce au monde du (logiciel) libre.

Une nouvelle révolution est en marche.

Le monde du libre permet à qui le souhaite de bénéficier des services d'un ordinateur grâce à GNU-Linux sans devoir payer la licence d'un système propriétaire comme Microsoft ou Apple (environ 100 €), ou encore le prix des licences de certains logiciels (entre 60 et des milliers d'euros).

Ceci est rendu possible grâce à l'accès libre aux codes sources (le coeur du système) pouvant être gratuitement acquit, partagé, transformé etc.

N'essayez même pas d'y penser avec ouin ouin ou cam cam (alias Windows et Mac), seul

le libre vous le permet.

 

Libre ! La liberté, qui ne la souhaite pas ? Mais est-ce un synonyme de gratuit ?

C'est l'exemple anglo-saxon ; le mot "free" en anglais amalgame les deux sens,

alors qu'une nuance majeure existe.

Quelque chose de gratuit, n'est pas forcément libre, et vice-versa.

J'ai par exemple 2 bouteilles d'eau pour le prix d'une, cela m'oblige à en acheter une.

Où est ma liberté ?

Alors que si je bois directement à la source, je n'ai aucune obligation en contrepartie.

Le terme libre est aujourd’hui trop souvent détourné car repris commercialement, par exemple avec les termes promo libre, épargne libre, etc.

 

Évidemment, nous pouvons affirmer que rien n'est gratuit, tout a un coût (par le transport nécessaire à l’acquisition, ou GNU-linux qui est gratuit mais l’ordinateur et l’electricité sont payant...).

Même les éléments naturels, les sentiments, les attentions sont dépendants de quelque chose, c'est entre autre la fameuse symbiose.

Un coût et une dépendance ne sont pas, pour le coup, ni de la même essence, ni du même ressort.

Publié dans politique

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