MAI ... MAIS !?

Publié le par l'Extra-Marche

Le mois de mai est tellement riche de traditions qu'il est  difficile d'en faire le tour ; les fleurs et feux de la Saint Jean, l'arbre de mai, le muguet, les luttes sociales, alors disons ce qu'il nous plait.

Mai, c'est la fécondité, la naissance de l'été, le printemps et les saints de glaces, le renouveau, voire le soleil.

C'est donc naturellement que cette période est célébrée dans le monde païen (le paganisme étant le culte de la nature) dès l'antiquité voire la préhistoire.

Au Japon le temps des cerisiers en fleurs est un culte.

Les celtes fêtaient ce passage de la saison sombre à la saison claire avec le culte de Beltan (Beltaine, Beltane,Bealtaine, Beilteine...), ou encore Belenos chez les gaulois, avec tous les sacrifices rituels par le feu qui y sont liés. Rituels antiques étant l'origine probable des feux de la St Jean (fête qui se veut pacifiante, fraternelle), feux nommés aussi fouguas en Occitanie et ailleurs.

Le radical " Bel" plus connu sous l'écriture biblique " Baal"  (terme générique désignant un dieu) signifiait chez les peuples sémites, maitre, seigneur, mais aussi blanc et lumière, avec ses cultes du feu et du soleil, " entité " dominant la terre et les cieux.

L'Église, elle, au fil du temps, ne pouvant enrayer ces traditions païennes, l'intégra à son culte, et fit du mois de mai le mois de la vierge Marie s'achevant chez les catholiques, le 31 mai par la Visitation de Marie à Élizabeth (originellement fêtée le 2 juillet)... .

 

Entre l'équinoxe du printemps (mars) et le solstice d'été (juin) se trouve le 1er mai.

Il a son pendant en automne avec la Toussaint, Samain (Samhain) chez les celtes (l'origine d'Halloween).

Le 1er mai est riche de traditions comme ; chanter le mai, donner le mai, danser le mai....

" Chanter le mai " ; se fait encore aujourd'hui du Bourbonnais à la Gruyère en passant par la Wallonie. Il se chante surtout pour choisir l'être aimé(e), ou comme charivari pour ennuyer les mauvaises gens

" Donner le mai " ; signifie déposer une fleur ou un rameau la nuit du 30 avril au 1er mai devant la porte de sa dulcinée (une simple tige peut signifier le contraire et chaque essence d'arbre avait une signification précise), la belle, la tant aimée, en remerciement offraient gâteaux et boissons au(x) prétendants(s).

" Danser le mai " ; est une coutume dans le monde germain c'est le " Tanz in den Mai" mais surtout, c'est la nuit de Walpurgis (associée au " sabbat des sorcières ") jusqu'en Scandinavie.

Dans le monde anglo-saxon, c'est le may day, riche de chants et de charmes, fortement marquée par la pratique de l'arbre de mai (ou mât de mai, meyboom, maibaum).

Selon les traditions l'arbre chasse les mauvais esprits, il peut être aussi l'objet de compétition entre communes, peut tresser les liens affectifs entre les jeunes dansant autour (tenant des rubans multicolores), ou quand il est planté, l'arbre honore une ou des personnes concernées.

 

Politiquement, le 1er mai est évidemment ce jour férié international (mais pas mondial) (depuis 1919 en France, 1920 en Russie).

Cette journée internationale des travailleurs est un héritage des Internationales et surtout d'une forte lutte aux États-Unis :

Alors que les méfaits sociaux de l'industrialisation naissante du 19ème siècle s'amplifient, les entreprises ayant pris la place des seigneurs d'antan, faisaient travailler les prolétaires jusqu'à 16 heures par jour.

Nombres d'entre elles démarraient leurs années comptables le 1er mai (moving day), et lorsqu'en 1886 à Chicago, des mouvements sociaux s'organisent, une grande grève a lieu ce jour même. Certains obtiennent la journée de 8 heures (8 heures travaillées, 8 heures de repos, et 8 heures de loisirs) d'autres sont durement réprimés (Haymarket Square le 3 ou 4 mai 1886, le Black Friday en 1887...) .

 

Puis en 1889 sous l'impulsion du Parti Ouvrier français se créent, « les fêtes du travail », se voulant des journées de manifestations, pour la réduction du temps de travail, à moins de 10 heures par jour. La première eut lieu internationalement le 1er mai 1890. Paradoxalement, aux États-Unis et au Canada, la fête du travail (fériée et chomée), le Labor Day, a lieu le premier lundi de Septembre.

 

Durant les décénnies qui s'ensuivirent et jusqu'à aujourd'hui, les luttes de mai continuent, de Mai 68 au 15M (15 mai) des Indignés.

 

Hasard du calendrier, en cette fin mai 2014, alors que l'Ukraine monopolise les médias, ont lieu les élections européennes, avec en toile de fond le traité transatlantique (nommé aussi pour compliquer ; Tafta (Transatlantic Free Trade Area), TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), PTCI (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), GMT (grand marché transatlantique)) crucial pour le duo occidental UE USA (G8) et la mondialisation.

On est loin des luttes sociales et de l'Internationale je vous le concède.

Quoique, des grondes s'élèvent un peu partout dans le monde, l'abstentionnisme latent et des marchés communs comme l'Alliance Bolivarienne ALBA peuvent à terme donner un peu d'espoir à l'international.

Quels rôles vont jouer les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) appelés aussi pays émergents, qui restent le principal « adversaire » (ou pas !? Car la Russie joue sur les 2 tableaux) de la TAFTA.


La question de l'Ukraine, berceau de la Russie et son poumon industriel (nucléaire, oleoducs, gazoducs...) est un enjeu majeur pour la Russie, qui semble être elle même au centre de la mondialisation car c'est la seule BRICS a être au G8.

 

Bref mai 2014 n'est pas fini et comme dirait François (devinez lequel !! lol), « tout ça, c'est pas catholique quand même ! »

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Différents chants de mai :

Traditionnels voir pour enfants :

Voici le mois de mai

Voici le mois de mai où les feuilles volent au vent
Voici le mois de mai où les feuilles volent au vent
Où les feuilles volent au vent si jolie mignonne
Où les feuilles volent au vent si mignonnement.

Le gentil fils du roi s'en va les ramassant
Le gentil fils du roi s'en va les ramassant
S'en va les ramassant si jolie mignonne
S'en va les ramassant si mignonnement.

Il en ramasse tant qu'il en rempli ses gants
Il en ramasse tant qu'il en rempli ses gants
Qu'il en rempli ses gants si jolie mignonne
Qu'il en rempli ses gants mignonnement.

A sa mie les porta les donna en présent
A sa mie les porta les donna en présent
A sa mie les porta si jolie mignonne
A sa mie les porta si mignonnement.

Prenez, prenez ma mie, je vous donne ces gants
Prenez, prenez ma mie, je vous donne ces gants
Je vous donne ces gants si jolie mignonne
Je vous donne ces gants si mignonnement.

Portez-les donc ma mie trois ou quatre fois l'an
Portez-les donc ma mie trois ou quatre fois l'an
Trois ou quatre fois l'an si jolie mignonne
Trois ou quatre fois l'an mignonnement.

A Pâques, à la Toussaint, à Noël, à Saint-Jean
A Pâques, à la Toussaint, à Noël, à Saint-Jean
A Noël, à Saint-Jean si jolie mignonne
A Noël, à Saint-Jean si mignonnement.

 

 

Chants de mai révolutionnaires (source Wikipédia : )>

 

1er mai (chansons)

1ermai est le titre d'une chanson du folklore français de la fin du XIXe siècle.

Elle commence par :

Copain regarde les rues,
Les flicards et les roussins
Montrent leurs gueules bourrues
De brutes et d'assassins.

Histoire

En septembre 1890, parait dans Le cri social (Algérie) une poésie d'Eugène Châtelain :

La grève se prépare et chaque Peuple uni
Ira détruire ses frontières
Le drapeau du travail a déjà réuni
Des populations entières.

Au er mai 18912, on chantera Les Jacques de Jean Richepin qui parle de Pâques rouges3.
En 1892, il y eut un chant du ermai écrit sur la musique du Chant des ouvriers de Pierre Dupont.
En 1893, ce chant devient La Marche du 1ermai, écrit par Charles Gros, professeur d'histoire sur une musique de Fenouil, militant guesdiste.

er mai, c'est le renouveau,
Comme aux arbres monte la sève,
L'idée aussi monde au cerveau,
Et la sociale se lève. (…)

Pour le 1er mai 1898, Jean-Baptiste Clément écrit lui aussi un texte, sur une musique de Pierre Forest :

Silence à l'enclume, aux marteaux,
On ne descend pas dans les mines,
On ne va pas dans les usines.
C'est le jour de fête et de repos.
Refrain
Célébrons, frères d'ateliers
La fête internationale
Le er mai des ouvriers
L'aurore de la sociale ! […]

En 1907, une chanson de Charles d'Avray parue dans le journal anarchiste Le Libertaire appelle à l'action violente :

Voici le er mai, camarades debout […]
Faisons qu'au rendez-vous les masses soient exactes
Par le sang et le feu, répandons la terreur […]

Le 26 avril 1911, Gaston Couté écrit sa chanson du Premier Mai4, sur l'air du Temps des cerises :

C'est le Premier Mai, Debout, camarades !
Pour les travailleurs, pour les ouvriers,
C'est un jour de fête !
Et tous, aujourd'hui, relevant la tête,
Désertent l'enfer de leurs ateliers […]

Une Marseillaise du er mai voit aussi le jour, faussement attribuée à Clovis Hugues et jouée sur l'air de l'Internationale :

Debout ceux qui se sentent frères
Sous le drapeau rouge, en avant !
Des grandes foules ouvrières
L'âme en feu passe avec le vent
Voici le renouveau du monde
Un er Mai du genre humain.

Publié dans culture

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faculté des sciences de la technologie 29/10/2014 20:21


merci bon article