La croissance ou pas ?

Publié le par l'Extra-Marche

Capture-4.png

Croissance du verbe croître, est un développement progressif, donc assimilé a une évolution.

C'est ce en sens que la théorie économique de la croissance joue sur ce mot en faisant croire qu'une croissance est éternelle. Hors ce n'est pas le cas, toute évolution fini un jour par se terminer, que ce soit au niveau d'un corps, d'une plante, ou de je ne sais quoi d'autre.

Il est aujourd'hui admis que les pays industrialisés ont crû d'une manière telle que le reste du monde (75% environ avec l'Asie, la Chine, l'Afrique, l'Amérique du sud) ne peut même pas envisager pareille ambition sans voir un risque planétaire environnemental majeur.

Les théories explicatives de la croissance sont relativement récentes dans l'histoire de la pensée économique. Ces théories ont conduit à mettre en avant le rôle primordial du progrès technique dans la croissance. Sur le long terme, seul le progrès technique est capable de rendre plus productive une économie (et donc de lui permettre de produire plus, c'est-à-dire d'avoir de la croissance). Toutefois, ces théories expliquent encore mal d'où provient ce progrès, et en particulier en quoi il est lié aux fonctionnement de l'économie.

La reconnaissance de la propriété privée et l'état de droit sont essentiels à la croissance économique. La plupart des économistes de l'école classique, écrivant pourtant au commencement de la révolution industrielle, pensaient qu'aucune croissance ne pouvait être durable, car toute production devait, selon eux, inexorablement converger vers un état stationnaire. C'est ainsi le cas de David Ricardo pour qui l'état stationnaire était le produit des rendements décroissants des terres cultivables, ou encore pour Thomas Malthus qui le liait à son « principe de population ».

Toutefois, Adam Smith, à travers son étude des effets de productivité induits par le développement de la division du travail, laissait entrevoir la possibilité d'une croissance ininterrompue. Et Jean-Baptiste Say écrivait « Remarquez en outre qu’il est impossible d’assigner une limite à la puissance qui résulte pour l’homme de la faculté de former des capitaux ; car les capitaux qu’il peut amasser avec le temps, l’épargne et son industrie, n’ont point de bornes. » (Traité d'économie politique, Livre I, chapitre XII)

Vu que le système monétaire n'est pour l'essentiel que fictif (crédits, dettes etc.), que penser d'une théorie s'appuyant essentiellement dessus ?

Faces aux enjeux environnementaux, et aux échecs gouvernementaux, ceux-ci prônent une croissance durable. Encore une manière de jouer en faisant des amalgames avec le développement durable, alors que nous avons vu plus haut, que les ressources planétaires de productions ne sont pas exponentielles mais limitées à la symbiose terrestre.

Ahh, évidemment, la science, et le progrès technique sont les seules vraies armes de cette théorie, mais jusqu'où vont-ils nous amener ? Que ce soit au niveau des NST (nano science et technologie), soit la manipulation des atomes, de la génétique, du nucléaire ... .

Par opposition, le terme décroissance appelle à un raisonnement tout autre. Il ne s'agit pas de retourner à l'âge des cavernes comme argumentent les partisans de notre modèle économique si confortable (pour les nantis), mais de trouver un équilibre entre la consommation, le respect de la nature, la sobriété, la raison etc.... De quoi sérieusement déplaire aux partisans d'un modèle économique inéquitable, polluant, destructeur et pourtant si rassurant pour ceux qui ont de l'argent.





 

 

Publié dans politique

Commenter cet article